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Night moves, éco-terrorisme et cinéma indé.

Tout au long de la semaine, Beaub’Fm te propose d’aller assister à la projection du dernier film de Kelly Reichardt : Night Moves.

Avant de parler du film et de la géniale cinéaste Kelly Reichardt, intéressons d’abord au côté superficiel et cosmétique des choses. Commençons par parler de cette affiche. Interdit formelle de regarder l’affiche française de film sous peine de vous retirer toute envie de le voir. Un carnage. Pourquoi ne pas avoir gardé l’affiche américaine (celle qui sert à illustrer cet article) ? Pour une fois qu’on ne se fade pas un titre traduit en français, on se tape une affiche « made in France », dommage. Dommage et moche.

Cela étant dit, ne passons pas à côté de l’essentiel : le film. Night Moves est le 4ème film de l’américaine Kelly Reichardt. Peu de chances que vous ayez déjà entendu parler d’elle si vous n’êtes pas un cinéphile assidu. Ne bénéficiant jusqu’à présent que de timides plans de sorties en France, cette dernière sera, on l’espère, certainement celle qui commencera à la faire connaitre d’un public plus large.

D’Old Joy à La Dernière piste, en passant par Wendy et Lucy, Kelly Reichardt est pourtant devenue l’une des voix les plus intéressantes du cinéma indé américain. Avant de se lancer derrière la caméra, cette photographe de formation a collaboré avec Hal Hartley et Todd Haynes, mais c’est pourtant du côté de Gus van Sant que son cinéma penche. Le synopsis de Night Moves et sa conscience écologique ne sont d’ailleurs pas sans rappeler Promised Land, le dernier film en date de l’auteur de Portland. Mais là où Gus Van Sant signait un film à thèse classique, Kelly Reichardt choisit le chemin de traverse du thriller psychologique.

Le synopsis :
Josh travaille dans une ferme biologique en Oregon. Au contact des activistes qu’il fréquente, ses convictions écologiques se radicalisent. Déterminé à agir, il s’associe à Dena, une jeune militante, et à Harmon, un homme au passé trouble. Ensemble, ils décident d’exécuter l’opération la plus spectaculaire de leur vie…


Night Moves. Dès le titre, le programme s’annonce : virée nocturne et actions clandestines sur fond de thriller et d’attentat éco-terroriste. Le film situe son action en Oregon et ce n’est pas un hasard puisqu’il accueille sur ses terres l’Earth Liberation Front, organisation écologique, anticapitaliste et terroriste née au Royaume-Uni (elle s’est manifestée aux Etats-Unis, où elle est aujourd’hui considérée par le FBI comme le principal pourvoyeur d’attentats contre les biens du pays).

Particulièrement désenchanté, ce qui ne surprend pas quand on a vu Old Joy ou La Dernière piste, le film de Kelly Reichardt frappe par la beauté de ses cadres, à la fois doux et austères.

Le Monde écrit à propos du film : "Night Moves pose la question, face à un monde en crise profonde, de l’écœurement de la jeunesse, de la tentation du retrait et du soulèvement, du recours impérieux à la violence. La dynamique pessimiste du film, qui évolue dans un monde physiquement éteint, où les modèles alternatifs semblent atteints du même mal que la société qu’ils contestent, où la jeunesse n’a même plus l’apanage de l’innocence, renvoie plus précisément encore au film visionnaire de Robert Bresson, Le Diable probablement (1977). Plus de refus, plus de révoltes possibles contre la marche globale de la technocratie libérale : c’est à ce sentiment pour le moins amer et désemparé que nous confronte, depuis les confins de l’empire, l’une des plus authentiques et passionnantes cinéastes de l’histoire du cinéma américain."


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