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xavier dolan, un grand « tom »

Tout au long de la semaine, Beaub’Fm te propose d’aller assister à la projection du dernier film de Xavier Dolan : Tom à la ferme.

Précoce. Impossible de trouver un qualificatif qui sied mieux à Xavier Dolan, le réalisateur de Tom à la ferme. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. » parait-il, et ce canadien de seulement 25 ans a déjà un CV à en faire pâlir plus d’un.

25 ans donc, mais déjà 4 longs métrages. Vu son âge, des films mineurs et sans prétentions penserez-vous certainement hâtivement. Sauf que non. Ses trois premiers (J’ai tué ma mère en 2009, Les Amours Imaginaires en 2010, Laurence Anyways en 2012) sont tous passés par le festival de Cannes. Et le dernier, Tom à la Ferme est quant à lui passé par la Mostra de Venise d’où il est repartie avec le Prix Fipresci. Rien que ça. C’est d’autant plus impressionnant qu’il ne sort d’aucune école de cinéma, un autodidacte, un pur et dur, nourri de cinéphilie.

Doté d’un ego à la taille de ses ambitions (il écrit, réalise et joue), c’est un adepte des mélodrames flamboyants au style et au panache tout ce qu’il y a de plus pop. En témoigne les bandes originales de ses films dans lesquelles on retrouve entre autres The Knife, Fever Ray, The Cure, Vive la fête, Moderat …

Tom à la ferme représentait pour Xavier Dolan l’occasion de prendre un nouveau départ, après sa trilogie d’amour impossible, et d’explorer un nouvel univers, celui de la puissante œuvre dramatique de Michel Marc Bouchard. Les amateurs de ses extravagances stylistiques (et ses détracteus) risquent d’être désarçonnés par ce huis clos anxiogène. Le réalisateur met tout son talent au service du récit, percutant et dérangeant.

Dès sa création, en 2011, Tom à la ferme a eu beaucoup de retentissement. La pièce du talentueux dramaturge québécois explore les thèmes de l’homophobie rampante, de l’identité sexuelle et de la famille. Mais aussi la grande solitude d’êtres piégé par son milieu et la tradition en situant l’action — comme le titre l’indique — à la campagne.

Après la mort de son conjoint, Tom (Xavier Dolan) se rend aux funérailles. Si sa belle-mère Agathe (Lise Roy) ignore tout de leur union, son beau-frère Francis (Pierre-Yves Cardinal) veut la garder secrète. Homophobe fou furieux, ce male alpha va se livrer à un jeu de rôles brutal dont Tom deviendra une victime consentante…

La violence ici n’est pas tant physique (quoique…) que psychologique. On pense autant à Bergman qu’Hitchcock. Dolan y imprime quand même sa propre griffe, en réussissant avec beaucoup de brio à traduire le climat oppressant de la pièce : chaque scène suinte de violence et de malaise.

Xavier Dolan a livré au public quatre films en cinq ans. Son talent manifeste, sa préciosité, sa grande confiance, à la limite de l’arrogance, ne laissent personne indifférent. Il est rassurant de voir qu’avec ce long métrage, le premier dont il n’a pas signé le scénario, le jeune réalisateur est capable de s’approprier une œuvre puissante sans la dénaturer. Le prix de la critique internationale à la Mostra de Venise était totalement justifié.

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