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AL’TARBA - BENJAMIN FINCHER - FLYIN’ SAUCERS

Du 20 au 25 octobre 2014, la FERAROCK vous offre les albums de AL’TARBA, de BENJAMIN FINCHER et des FLYIN’ SAUCERS GUMBO SPECIAL.

AL’TARBA - LET THE GHOSTS SING

Vouloir assigner Al’Tarba à une case est une mauvaise idée. Parce qu’il est un joyeux bordel qui malgré ses 28 ans aurait déjà de quoi égarer exégètes ou biographes qui voudrait retracer son parcours.

Presque 10 ans de carrière, 5 albums et 2 EP, des collaborations à la pelle, et tout ou presque a été dit à son propos. Souvent vraies, les déclarations sur l’artiste hyperactif ne le sont que si on accepte qu’elles soient parcellaires. Résumons :
Membre d’un groupe de rap dès la primaire, le jeune toulousain baigne dans les musiques variées d’une famille ataviquement mélomane. Le punk l’embarque : des Damned, New-York Dolls, ou Ramones, il passe via le skate qu’il pratique et la culture californienne qui va avec au punk rock des groupes comme Rancid ou NOFX. Il rencontre à cette époque ses futurs potes du Droogz Brigade. Eux aiment ce qui se passe de l’autre côté des USA, à New York : Mobb Deep, Necro, Wu Tang. Al’Tarba découvre donc le hip hop ricain, et passe de (mauvais) bassiste d’un groupe punk à ses premiers bidouillages solo façon East coast.

Dès lors, au gré des ballades musicales de ce curieux de nature, on le considérera successivement comme un pur beatmaker hip hop, sombre voire horrocore, dans la lignée des Necro et Stoupe, puis comme un sautillant compositeur electro swing - genre Chinese Man - avec les succès de Mushroom Burger, Petite maline ou Sexy Coccinelle, avant que des incursions plus douces ne le situe aux côtés d’artistes abstract hip hop comme RJD2 ou DJ Shadow.

Il y aurait de quoi être perdu si toutes ces facettes ne dessinaient pas lorsqu’on recule de trois pas un univers cohérent et nuancé. Loin du beatmaker sous influence, Al’Tarba s’avère être définitivement un artiste solo cultivé, revendiquant la complexité et délaissant l’étiquette du « puriste » trop souvent attachée au punk ou au hip hop.

Lui est le créateur d’un monde fantasque, grandiloquent, parfois grotesque, où cartoons, films de genre, comics gore, belles gosses et voyous se retrouvent, où l’innocence de l’enfance se confronte à la violence et au mal être de l’âge adulte. Le monde réel donc, passé au filtre onirique de l’artiste dans Let the Ghosts Sing. Chef d’orchestre de ce bal joyeusement funèbre, Al’Tarba invoque des sonorités organiques de pianos et glockenspiel, guitares ou trompettes, auxquelles répondent beats abstract et nappes electro.

Surtout - le titre s’explique - l’album est traversé de voix. Celles, samplées, fugaces, en filigranes, comme autant d’apparitions qu’on n’est pas vraiment sûr d’avoir vues, et celles véritables cette fois d’une chanteuse tzigane nommée Paloma Pradal de Bonnie Li, Jessica Fitoussi ou d’une reggae girl genevoise du nom de Danitsa.

Des très introspectifs Siberian Vengeance ou Still Insomniac, aux plus headbangers Gangster & Rude Girls ou My Vicious Side, tout dans Let the Ghosts Sing a quelque chose de la joie macabre d’un Tim Burton ou d’un Jean Pierre Jeunet. C’est toute la force d’Al’Tarba et de cet opus, générer un endroit imaginaire où on retrouve avec un plaisir adulte et étrange la nostalgie et l’épouvante de notre enfance.
 

 
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BENJAMIN FINCHER - KAMISHIBAI

Pour ceux qui se posent pertinemment la question, le kamishibai est une technique ancestrale de conte japonais, un théâtre d’images où l’on tourne des pages illustrées. Née il y a des siècles, cette pratique a nourri jusque récemment la BD ou les dessins animés. Comme le Kamishibai, Benjamin Fincher est apparu sous différentes formes suivant les points de vue et les moments. Aujourd’hui, tombons le masque et révélons que Benjamin Fincher, c’est Jean-Baptiste, créateur du projet et désormais compositeur solitaire s’entourant de musiciens éclectiques à la scène comme en studio.

Benjamin Fincher est donc le deuxième album de Benjamin Fincher. Produit par Pacinist, collectif/label fondé par l’artiste et co-réalisé avec Benoît Bel au Mikrokosm studio (Lyon), Benjamin Fincher y déroule mieux que jamais son savoir-faire, sa petite musique finement taillée mais qui au fil des morceaux prend toujours plus d’ampleur.

D’ailleurs dans les textes décrivant le kamishibai, on retrouve une autre analogie avec l’album : « Pour le conteur, parfois le passage se fait très lentement, en continu, parfois il est nécessaire de retirer l’image en deux ou trois étapes, pour créer du suspense, parfois l’image est retirée rapidement, créant un effet de surprise ». L’intention est la même à l’écoute de ce disque où les titres ont des allures de triptyques, se révèlent au fil de lentes montées, de cassures surprenantes et de pauses béates. Il ressemble à un album comme on en faisait au siècle dernier : riche et cohérent, mais loin d’être uniforme, peuplé de belles respirations et de contrastes flamboyants.

Dès le premier morceau le ton est donné : longue introduction, We always run et son ascension de violoncelle et de voix, constitue une pièce idéale pour rentrer dans cet album aventureux. Go outside s’aventure sur des pistes électroniques un peu obliques. Benjamin Fincher s’y amuse en utilisant les voix à la façon d’un Philip Glass et nous impressionne avec un dernier élan mélodique fou, éclairé par des chœurs solaires. Long distance elle, avec ses belles harmonies est un tube indé en puissance. Quasi instrumental, I Wish I Had a Lower Voice est un morceau linéaire, en équilibre parfait entre groove krautrock et psychédélisme, servi par une production impeccable. Puis arrive Wide Eyed, chanson qui fera battre les cœurs. À une première séquence austère créant une atmosphère inquiétante succède une deuxième séquence épique, comme peuvent en faire naître Grizzly Bear ou Anna Calvi, emmené par une rythmique saccadée, des chœurs omniprésents et des clarinettes basses célestes ; le tout se concluant avec une coda surannée.

A mi parcours, Benshi, morceau cinégénique et instrumental, pourrait être la BO d’un western se déroulant sur une planète d’un système solaire oublié. La pop métronomiesque de Paper Play sent bon l’été et étonne avec son riff aux accents bossa, ses arrangements de violoncelle et son rhodes malicieux. Saluons également la chanson chorale Violet Hour dont le texte lorgne du côté des beatniks et de la philosophie zen prônée par Kerouac, un autre admirateur de l’héritage japonais.

L’album se finit en immersion totale avec deux morceaux fleuves séparés par une respiration, Good thinks come in ones, imparable tube pop. Kamishibai, d’abord synthétise superbement toutes les pistes suivies par Benjamin Fincher sur l’opus : des rythmiques aux motifs krautrock, des voix aériennes, des guitares, bien sûr, et des instruments classiques, piano, violoncelle ou clarinette, qui s’échappent en nappes électroniques… La structure répétitive du morceau devient le cadre au développement des émotions du musicien. Métaphore de l’objet japonais, on oublie peu à peu le support pour se perdre dans le flot de la musique...

A storm enfin conclue l’album de manière inattendue : sur une piste de danse ! Cette chanson quitte l’introduction délicate qui rappelle Patrick Watson pour aller vers une électro au groove redoutable que ne renierait pas James Murphy.
 

 
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FLYIN’ SAUCERS GUMBO SPECIAL - SWAMP IT UP !

Combo tout terrain et atypique de la scène hexagonale, Flyin’ Saucers Gumbo Special se produit depuis 1997 autant sur les scènes apparentées blues qu’auprès d’un public plus large comme l’ont attestées avec succès les tournées 2009 et 2012 dans le cadre des Scènes d’Eté en Gironde.

Atypique car le répertoire très personnel est une tambouille festive et épicée dont les ingrédients sont issus des musiques de Louisiane ; du zydeco, du rock’n’roll 50’s, du funk « Big Easy », du swing et un soupçon de musique cajun, le tout avec le blues en fil conducteur.

Pour les puristes, ce répertoire trouve ses sources autant chez les Meters que Doctor John, Earl King, Huey Smith, Boozoo Chavis, Clifton Chenier, ou Lazy Lester pour ne citer qu’eux.

Leur présence scénique ne laisse personne indifférent, les titres joués, qu’il s’agisse de compositions ou non sont une invitation à ne pas être seulement spectateur mais aussi acteur du concert. Leur credo est celui des « fais dodo » de Lafayette ou Bâton Rouge : Laisser le Bon Temps Rouler.

Auréolés de nombreuses distinctions nationales, accompagnateurs de certains artistes US lors de tournées européennes, les Flyin’ Saucers Gumbo Special écument les scènes depuis plus de 15 ans avec une reconnaissance et une notoriété toujours grandissantes.

Le groupe Le groupe vient d’avoir son album nominé à l’International Blues Challenge de Memphis en tant que meilleure auto production de l’année.
 

 
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