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HANNI EL KHATIB & SUPERFOOD

Du 19 au 23 janvier 2015, la FERAROCK vous offre les albums de HANNI EL KHATIB et de SUPERFOOD.

HANNI EL KHATIB - MOONLIGHT

Dans "Will The Guns Come Out", son premier album sorti en 2011, HANNI EL KHATIB avait essayé quelque chose de totalement nouveau pour lui – se faire plaisir en réalisant dans un esprit intimiste, comme s’il était dans sa chambre à coucher, un enregistrement de titres rock’ n’ roll très épurés, avec juste guitare-batterie. Pour son successeur, l’intense "Head In The Dirt" sorti en 2013, il a encore tenté autre chose en débarquant les mains dans les poches, mais l’esprit grand ouvert, dans le studio analogique du fameux producteur Dan Auerbach à Nashville.

Après la sortie de ce deuxième album et presque une année entière de tournées continuelles, HANNI EL KHATIB savait que cette fois il ne pourrait pas se contenter de miser sur son côté imprévisible, mais qu’il devrait passer à la vitesse supérieure en se lançant dans une expérience sans précédent. Pour ce faire il a eu besoin de s’isoler, de prendre du temps et de se lancer dans des expérimentations. "Moonlight", fruit de 30 jours enfermé dans un studio de LA choisi au hasard, The Lair, appartient à cette espèce très rare d’album réalisé au moment idéal, lorsque la confiance, l’expérience et la technique sont réunies, permettant à l’artiste de pouvoir faire ce qu’il veut vraiment.

D’où ce titre d’ouverture avec un beat façon Mobb Deep accompagné d’un bourdonnement de synthé à la Suicide ou pour finir cette rencontre entre ESG et LCD Soundsystem version italo-disco dans une chanson sur la vie et la mort. Voilà aussi pourquoi on y entend des drum beats imparables parfaitement dignes d’un album de Can ou d’un 45 tours d’Eddie Bo avec une guitare qui déchire, un vieux piano de bar défoncé et tout plein de fioritures analogiques hallucinantes. C’est aussi pour cela que "Moonlight" semble être l’album qu’HANNI EL KHATIB a toujours voulu faire : “Qu’est-ce que ça donnerait si RZA se retrouvait dans un studio avec Iggy Pop et Tom Waits ?” demande-il. “Je n’en ai pas la moindre idée ! Et c’est comme ça que j’ai procédé.”

Il s’agit en fait d’un album personnel, au sens premier du terme, où tout s’assemble d’une façon incroyable. A l’instar d’Iggy Pop et David Bowie avec The Idiot, du Wu-Tang Clan avec 36 Chambers et des Clash avec Sandinista, c’est maintenant au tour d’HANNI EL KHATIB de signer 11 nouvelles chansons foudroyantes, écrites et enregistrées chacune avec son propre éclair d’inspiration. Cet album, qui semble réunir une liste interminable de collaborateurs, est en réalité le premier album qu’HANNI EL KHATIB ait réalisé quasiment tout seul, fort de six années d’expériences en studio et sur scène qui lui ont beaucoup appris.
 

 
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SUPERFOOD - DON’T SAY THAT

SUPERFOOD a commencé à faire ses armes dans la pénombre d’un club crasseux appelé Face. « C’est là que les rêves sont fabriqués », du moins si l’on en croit le guitariste Ryan décrivant cet endroit mal éclairé.

Dans l’ancienne et obscure usine de Digbeth, devenu The Rainbow, les quatre membres du groupe ont perdu tous les week-ends que 2010 avait à leur offrir, à faire la fête avec une bande de copains, sur le point de reconstruire la scène rock de la ville.

"Tu dormais toute la semaine et tu répétais tous les samedi. Toutes les semaines", se rappelle le leader Dom, "c’était comme ça pendant un an puis ils sont tous partis faire leurs groupes". Contrairement aux autres formations, SUPERFOOD ne s’est pas construit pendant cette année de débauche. Dom, Ryan, et le batteur Carl étaient tous plus ou moins impliqués dans d’autres projets musicaux, alors que la bassiste Emily essayait de ne pas perdre la tête à cause d’un job alimentaire aliénant.

"Je faisais l’ingé son live pour des groupes, et être de l’autre côté de la console, voir les gens descendre de scène c’était frustrant" explique Dom, qui travaillait à l’O2 Academy de Birmingham, en plus d’enregistrer des démos pour des groupes locaux. A cette époque il parlait déjà avec Ryan (qui faisait alors de la musique avec son frère) de fonder un nouveau projet. Pendant plus d’un an, ces discussions n’ont jamais abouti. Finalement, après une virée nocturne agitée, les deux musiciens se sont retrouvé embarqués dans une session jam de 7 heures. Un roulement de spectateurs s’est mis en place pour assister à ce buff, tout le monde pouvait entendre que quelque chose de spécial était en train de se passer. “Doug du groupe Peace était là et a dit "pourquoi vous ne faites pas de la musique tous les deux ? C’est ridicule" ", se souvient Ryan.

Tous les deux savaient que leur amie Emily jouait un peu de guitare, donc ils l’ont rapidement enrôlée en tant que bassiste, et Carl les a rejoints quelques mois plus tard après un casting rigoureux. La première répétition officielle de SUPERFOOD a eu lieu en Octobre 2012. Après avoir couché quelques démos, ils les ont envoyées à leur désormais manager, en lui demandant son avis sur ce que devrait être la prochaine étape. Un message Facebook efficace a vite suivi, ça disait : "Putain ! N’envoyez ça à personne d’autre !". Leur premier concert était booké presque immédiatement après et Deadly People Management (maison mère de Matthew Dear, O Children and Peace) les a instantanément harponnés.

Leur premier concert s’est tenu le jour d’Halloween dans l’arrière-cour de The Rainbow, site historique de leurs fameuses soirées. "On a joué quatre morceaux et on les a tous joués beaucoup trop vite" sourit Dom. "Mais pour nous, de passer des répétitions à jouer en concert en un mois devant tous nos potes, c’était génial". A l’époque ils s’appelaient encore Baby 100. "Je suis convaincu que si on s’appelait encore Baby 100 on serait dans un jet privé à l’heure actuelle", plaisante Ryan. Puis pour un court instant, ça a été Junk. En décidant que ces deux noms étaient affreux, ils ont finalement opté pour se nommer d’après la toute première chanson qu’ils avaient écrite. Elle avait un son rêche, dans l’esprit du Blur des premières années, la provocante ‘Superfood’. La piste s’appelait ainsi simplement parce que c’était le premier mot qui leur est venu en tête quand ils a fallu remplacer les "shoops shoops" qu’ils fredonnaient au moment de composer le morceaux.

L’effet boule de neige s’est accéléré, et avec Carl maintenant bien en place derrière ses fûts, les SUPERFOOD ont joué leur troisième concert en première partie de leurs copains de Brummies The Twang, pour un énorme spectacle de Noël dans leur ville natale. Après ça, leur première piste enregistrée est sortie, l’éponyme ’Superfood’, immortalisant son début mondial sur la radio BBC 1 pendant l’émission de Zane Lowe. "Mon pote a payé sa tournée de bouteilles de champagne", raconte Dom à propos de la fête en l’honneur de ce premier passage radio, qui récompensait dûment cet événement exceptionnel.

Au début de l’été 2013 ils participent à The Great Escape à Brighton et deviennent l’un des groupes du festival dont on parle le plus, pas moins que pour un concert survolté, improvisé à la dernière minute dans une maison. En découvrant qu’ils n’avaient pas de concert de booké la nuit du vendredi, SUPERFOOD s’est retrouvé à jouer un set trépidant dans un petit salon en présence de 70 fans, avec un ampli coincé dans la cage d’escalier. Plus tard il y a eu la première partie de Fun. qu’il fallait assurer à Paris pour l’anniversaire des 21 ans d’Emily. Pour autant, jouer devant l’une des plus grosse foule de leur courte carrière ne s’est pas résumé en une soirée de "French Glamour" sans encombre. En fait, ils ont fini par passer la nuit dans leur petit van au milieu de la ville. "Moi et mon copain avons dormi sur le plancher”, se souvient Emily avec enthousiasme, "c’était le meilleur anniversaire de ma vie". Hors du van et dans les champs, SUPERFOOD a été impressionnant pendant sa toute première tournée des festivals, jouant devant une petite foule d’après-midi à Latitude, puis performant en gardant la tête froide aux festivals de Wilderness, Tramlines et In The Wood – tout cela toujours sans aucune sortie officielle sous leur nom.

L’intérêt des labels allait croissant et au lieu de partir avec une major, le groupe a décidé de signer avec Infectious, rejoignant ainsi alt-J, Drenge, Local Natives, et These New Puritans dans le petit, mais déjà culte, catalogue du label. "Ils soutiennent tellement leurs artistes" dit Ryan, en chantant les louanges d’Infectious, qui a été nommé Label Indépendant de l’année en 2012 par AIM. Depuis la signature du contrat, SUPERFOOD a arpenté le Royaume-Uni d’un bout à l’autre pour sa première grande tournée, soutenant We Are Scientists, Peace et Wolf Alice sur la route, et jouant sous divers chapiteaux lors de festivals tels que ceux de Glastonbury et Leeds, toujours en trouvant le temps de faire un arrêt impromptu sur un practice pour s’entrainer au golf. A la suite de leur première sortie, l’EP de quatre piste acclamé, MAM (auto-produit avec Jake Lewis après un enregistrement rapide à Londres, au-dessus de chez un marchand de journaux à Peterborough, sur lequel figure le souffle brit-punk de ‘TV’, la mélodie brouillon à la Weezer de ‘Houses On The Plain’, le bouillonnant, pétillant ‘Bubbles’, et le psychédelisme beatle-esque de ‘Melting’) le groupe est prêt à sortir son très attendu premier album en Novembre. "Si je n’étais pas dans ce groupe je serais sans doute à l’O2 Academy à faire le son pour 7 groupes de métal en pleurant", reconnait Dom, “je deviendrais cinglé si je ne faisais pas de la musique. C’est soit ça soit partir en explosant une fenêtre ou n’importe quoi.” Considérez vos fenêtres à l’abri, mais en ce qui concerne vos lecteurs de CD, c’est une toute autre affaire.
 

 
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