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MEIN SOHN WILLIAM & WE WERE EVERGREEN

Du 12 au 16 mai 2014, la FERAROCK vous propose les albums de MEIN SOHN WILLIAM et de WE WERE EVERGREEN.

MEIN SOHN WILLIAM - EVERY DAY IN EVERY WAY

Artiste singulier à bien des égards, Mein Sohn William, aka Dorian Taburet a longtemps distillé seul ses chansons pop foutraques aux teintes 80’s, accomplissant au bas mot le travail de 2 musiciens bien entraînés. Aujourd’hui, Mein Sohn William est un duo... qui bosse pour 4. En effet, Antoine Bellanger (Belone Quartet, Gratuit), qui avait déjà apporté son savoir-faire (en tant qu’arrangeur) sur le premier mini-album (paru en 2012 chez Ici d’ailleurs), est devenu un membre à part entière de cette entité que l’on a décidément bien du mal à cerner tant sa musique se révèle unique, hybride et originale.
Un premier disque donc, que Dorian a défendu avec la générosité et la bonne humeur qu’on lui connaît, seul d’abord, puis avec Antoine venu lui prêter main forte, pour plusieurs dizaines de prestations.
L’osmose entre ces deux là semble décidément être aussi forte en live que dans le travail de composition, pour un résultat au moins aussi marquant que leur premier essai éponyme. Mais cette fois, l’expérience s’étale sur une quinzaine de titres, ce qui permet à Mein Sohn William de détailler un peu plus sa musique. On y trouvera par exemple un côté pop un peu plus présent ( « Follow Your Lead », « He Tries So Hard »), une écriture plus fine (« Rebecca ») et des morceaux mieux construits sans pour autant délaisser la folie qui a fait sa réputation. Moins lo-fi dans son approche, Every Day, In Every Way est avant tout une fantastique collection de titres qui montre toutes les capacités du groupe à faire cohabiter mélodies (« Leather », « Famille »), expérimentations loufoques (« Always At The Same Time », « Avoid »), sonorités noisy, délires exacerbés mais aussi quelques touches plus sombres au sein d’un même disque. Mein Sohn William confirme avec cette nouvelle offrande que la totale liberté artistique est un moteur de création sans limites. Mieux encore, il prouve aux plus blasés qu’il est encore possible d’être original et imprévisible, à une époque où l’on pense parfois avoir tout entendu.
Avide de nouvelles expériences, Mein Sohn William accueillera également, de manière plus ponctuelle, un troisième larron, Jérémie (déjà présent sur les premières démos), qui viendra ajouter son grain de sel lors de quelques prestations scéniques et jouera également les remplaçants lorsqu’Antoine devra s’adonner aux joies de sa toute fraîche paternité.

 

WE WERE EVERGREEN - TOWARDS

Une fille, deux garçons, un milliard de possibilités sonores.

Avec une moyenne d’âge tournant autour des 25 ans, Fabienne, Michael et William ont déjà parcouru un bon bout de chemin. Indéniablement curieux et prompts à la réflexion, ils ont pris leur temps pour ce premier album – l’une des meilleures nouvelles du printemps 2014. We Were Evergreen a ce petit twist en plus quasi indescriptible. Une énergie savamment canalisée, une poésie flottante, et, surtout, un sens captivant du rythme. Chacun a grandi bercé par des influences très variées, de la pop anglo-saxonne au jazz en passant par le classique et la chanson française. Puis ils ont voyagé. Et ensemble, ils ont confirmé leur penchant naturel pour ce qu’on appelle trop communément les musiques du monde, des mélopées brésiliennes à la Jorge Ben et Novos Baianos aux rythmes africains. Si le trio a fait ses armes en pratiquant un folk acoustique quelque peu ludique, il en est rapidement venu à la conclusion que l’organique devait s’enrichir de l’électronique. Ainsi s’est façonné un son mué par des boucles et une utilisation pertinente de la répétition. Sur scène, on voit Fabienne aux claviers et au xylophone, William aux rythmiques et à la guitare, Michael aux cordes et aux cuivres.

Baptisé Towards parce qu’il s’agit avant tout de directions à prendre et de mouvements à choisir (ascendants ou descendants, qu’importe, le principal étant d’évoluer), ce premier album obéit à un format pop tout en cherchant l’innovation. « Chaque morceau est un conte en lui-même, explique Michael, pierre mythologique d’une grande histoire universelle. La grande question est : qu’est-ce que bouger ? Vers quoi nous dirigeons-nous ? » L’appartenance, l’identité, le voyage, l’ailleurs et ses rituels inconnus sont les thèmes qui reviennent le plus souvent dans des morceaux qui réussissent à ne pas être exclusivement cérébraux. Produits par Charlie Andrew, entre autres producteur d’Alt J, les douze morceaux ici présents sont exigeants, réchauffés par des échos exotiques et des mélodies accrocheuses. « L’ambiguïté, la profondeur et la matière nous importent énormément, mais on s’amuse toujours beaucoup. Nous n’avons rien contre la légèreté ! », affirme Fabienne, et l’auditeur l’entend. Ce plaisir de varier et détourner les sons, de cultiver un éclectisme instrumental les rapproche d’une famille réunissant aussi bien The Dø ou François & The Atlas Mountains que Tune-Yards, Metronomy et Dirty Projectors, avec l’esprit absurde et poétique d’un Fellini ou d’un Boris Vian.

Lorsqu’on ouvre un dictionnaire d’anglais, on lit qu’au sens figuré, evergreen signifie très précisément « indémodable, impérissable ». C’est tout ce que l’on souhaite à la musique de Fabienne, Michael et William – et c’est ce qu’elle est déjà. Car le trio ne compte pas s’arrêter aux frontières tant géographiques que musicales… Nous ne sommes qu’au début du voyage.


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